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[22 mai 2017 ]

par Marie-Pierre MAÎTRE et Ida EMPAIN

in Energie-Environnement-Infrastructures n° 5 - Mai 2017, p. 11

A l'issue de son expérimentation, l'autorisation environnementale est entrée en vigueur le 1er mars 2017.

L'autorisation unique est ainsi généralisée et réformée par l'ordonnance du 26 janvier 2017 et ses deux décrets d'application du même jour.

Portée par l'objectif d'une simplification et d'une clarification du droit, la nouvelle autorisation entend fusionner les régimes d'autorisation IOTA et ICPE. L'heure est à son décryptage.

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[15 mai 2017 ]

par Christian HUGLO, Alexandre MOUSTARDIER et Julien GIRARD

in Les Petites Affiches n° 91-92 des 8 et 9 mai 2017, p. 7

 

La tendance actuelle de résolution des litiges par des procédés ou des procédures qui font appel au consentement des parties est incontestablement une tendance de fond et touche le domaine du contentieux de droit public qui se déroule en majeure partie devant le juge administratif : tel est l'objet de la loi nouvelle sur la justice du XXIème siècle qui fait un large part à la médiation plutôt qu'à la conciliation qui était jusqu'alors seule connue du juge administratif. De plus, tout en ayant voulu réviser la transaction administrative afin de l'adapter au droit public, la loi nouvelle a innové cette fois dans le domaine du contentieux par la mise en place de actions de groupe.

Toutes ces procédures intéressent les acteurs et les sujets du droit de l'environnement que sont les collectivités publiques, les particuliers, les entreprises et les associations.

L'article qui a pour prisme principal le droit de l'environnement, a pour objectif d'éclairer sur ces nouveautés procédurales qui se mettent en place et qui donneront certainement lieu à de nombreux débats.

 

 

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[11 mai 2017 ]

Le décret n° 2017-725 du 3 mai 2017 relatif aux principes et modalités de calcul des émissions de gaz à effet de serre des projets publics s’applique aux projets publics soumis à étude d’impact en application de l’article L. 122-1 du code de l’environnement et aux projets publics de construction ou de rénovation de bâtiments. Il s’appliquera à compter du 1er octobre 2017, dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement à faible intensité de carbone, dite "stratégie bas-carbone".


Le III de l’article L. 222-1 B du Code de l'environnement créé par l’article 173, I, 2° de la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte prévoit que l'Etat, les collectivités territoriales et leurs établissements publics respectifs prennent en compte la stratégie bas-carbone dans leurs documents de planification et de programmation qui ont des incidences significatives sur les émissions de gaz à effet de serre. A ce titre, il est prévu à l’alinéa 2 de cet article que « dans le cadre de la stratégie bas-carbone, le niveau de soutien financier des projets publics intègre, systématiquement et parmi d’autres critères, le critère de contribution à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les principes et modalités de calcul des émissions de gaz à effet de serre des projets publics sont définis par décret. ».


L’objectif de cette mesure est de permettre, grâce à ce nouvel indicateur, la prise en compte de la contribution à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le financement des projets publics (à savoir des travaux ouvrages ou aménagements résultant d'un investissement réalisé sous maîtrise d'ouvrage publique (Etat, collectivité territoriale, établissement public, entreprise publique) ou par une entreprise privée dans le cadre d'un marché de partenariat, d'un contrat de concession de service public ou d'un contrat de concession de travaux publics), en préconisant notamment une valeur tutélaire du carbone, et afin de réduire l'empreinte carbone en la plaçant au cœur des décisions publiques, que ce soit en matière d'infrastructures de transport et de constructions.


Les modalités de calcul sont définies aux articles D. 222-1-G à D. 222-1-I du Code de l'environnement.


La pratique actuelle de l’étude d’impact relevant de l’article L. 122-1 du Code de l’environnement, devra ainsi être revue afin de prendre en compte ces nouvelles dispositions.
Il s’agira de projets soumis à évaluation environnementale ou se traduisant par un investissement d'un montant supérieur à un seuil de 20 millions d'euros HT ou d'une surface de plancher supérieure à 10.000 m². Pour les projets qui ne seraient pas soumis à une étude d'impact en application de l'article L. 122-1 ou qui se situeraient en deçà des seuils mentionnés au précédent alinéa, le maître d'ouvrage est tenu de proposer des modalités de calcul simplifiées.


Dans le cadre de la stratégie bas carbone (SBC), les niveaux de soutien financier des projets publics (bâtiments publics, logements sociaux, résidences universitaires etc.) doivent intégrer systématiquement le critère de la contribution à la réduction des émissions de GES, (sorte de "bonus investissement climat") permettant de mieux affecter les fonds publics en cause (dotations de l'Etat, fonds européens, fonds de concours régionaux, départementaux et intercommunaux…).


Afin de permettre aux financeurs de projets publics de tenir compte, dans le financement qu’ils consentent, de la contribution à la réduction des émissions de GES du projet concerné, ce décret expose les méthodes auxquelles les porteurs des projets publics peuvent recourir pour mettre en lumière leur contribution à la réduction des émissions de GES.


Est ainsi privilégiée une approche en "cycle de vie" prenant en compte a minima les phases de réalisation (y compris la phase d'études), de fonctionnement (exploitation, entretien, maintenance, réhabilitation) et de fin de vie du projet public (transformation y compris déconstruction et traitement des déchets des matériaux) ainsi que "la phase amont de production des sources d'énergie et des matériaux et équipements nécessaires à chaque phase".


Ainsi, on relèvera notamment que « lorsque le projet public conduit à l'artificialisation d'un terrain agricole, forestier ou d'un espace naturel, les émissions de la phase de réalisation intègrent les émissions de dioxyde de carbone résultant de la diminution du stock de carbone du sol », et que « pour le calcul des gaz à effet de serre émis lors de la phase de fonctionnement des projets de zones d'aménagement concerté et des projets de construction de bâtiments susceptibles d'accueillir du public sont intégrées les émissions liées aux déplacements des personnes résidant et/ ou se rendant dans la zone d'aménagement concerté ou le bâtiment ainsi que les émissions liées au transport de marchandises ayant pour origine ou destination les entreprises présentes dans la zone d'aménagement concerté ».


On notera également que pour les projets publics de traitement ou d'élimination des déchets, la quantité de gaz à effet de serre d'une opération est obtenue par le produit de la quantité de déchets traités d'une part et du facteur d'émission correspondant au procédé de traitement ou d'élimination utilisé d'autre part.


Enfin, il est également utile de remarquer à ce sujet de l’analyse du "cycle de vie" que, pour les matériaux et équipements de construction nécessaires à un projet public de construction ou de rénovation de bâtiments les données à utiliser sont les valeurs de l'indicateur “changement climatique” disponible dans chaque déclaration environnementale et sanitaire des produits de construction et chaque “Projet Environnemental Produit écopassport” pour les équipements de constructions, réalisées selon les dispositions du décret n° 2013-1264 du 23 décembre 2013 relatif à la déclaration environnementale de certains produits de construction destinés à un usage dans les ouvrages de bâtiment et des arrêtés pris pour son application.


Adrien Fourmon

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[9 mai 2017 ]

La décision du 24 avril 2017 (requête n°C4078) rendue par le Tribunal des conflits apporte des précisions sur le contentieux de la résiliation d’une concession domaniale prononcée dans le cadre d’une liquidation judiciaire en détaillant les compétences respectives du juge administratif et du juge judiciaire.

En l’espèce, par un traité de concession, la société d'économie mixte du marché de Rungis (Semmaris) a autorisé la SARL Malapert à occuper un carreau dans un de ses immeubles. Postérieurement,  le Tribunal de commerce de Versailles a placé ladite société en liquidation judiciaire. A la suite de la décision du Tribunal de commerce, la Semmaris a engagé la procédure prévue par le III de l'article L.641-11-1 du Code de commerce en mettant en demeure le liquidateur judiciaire de la société, de « prendre parti  sur la poursuite du contrat » de concession. Pour rappel, cet article prévoit la résiliation de plein droit du contrat dans les hypothèses suivantes :
1° Après une mise en demeure de prendre parti sur la poursuite du contrat adressée par le cocontractant au liquidateur et restée plus d'un mois sans réponse. Avant l'expiration de ce délai, le juge-commissaire peut impartir au liquidateur un délai plus court ou lui accorder une prolongation, qui ne peut excéder deux mois, pour se prononcer ;
2° A défaut de paiement dans les conditions définies au II et d'accord du cocontractant pour poursuivre les relations contractuelles ;
3° Lorsque la prestation du débiteur porte sur le paiement d'une somme d'argent, au jour où le cocontractant est informé de la décision du liquidateur de ne pas poursuivre le contrat ».

Compte tenu du silence de ce dernier, la Semmaris lui a notifié la résiliation de la concession.

Le liquidateur a alors saisi, d’une part,  le juge-commissaire du Tribunal de commerce de Versailles, puis la cour d'appel de Paris, pour contester cette résiliation, d'autre part, le Tribunal administratif de Melun, puis la cour administrative d'appel de Paris, en vue d'obtenir l'annulation de la résiliation ainsi qu'une indemnisation en réparation du préjudice subi.  Le juge administratif s’est reconnu compétent pour connaître du litige alors que le juge-commissaire et la cour d’appel se sont reconnus incompétents. C’est dans ces conditions que la Cour de cassation a, par un arrêt du 6 décembre 2016, renvoyé au Tribunal des conflits le soin de statuer sur la question de la répartition de compétences.

Après avoir rappelé que conformément à l’article L. 2331-1 du Code général de la propriété des personnes publiques, « les contrats comportant occupation du domaine public, quelle que soit leur forme ou leur dénomination, accordées ou conclus par les personnes publiques ou leurs concessionnaires » sont des contrats administratifs, le Tribunal des conflits a jugé que le contrat litigieux était un contrat administratif. Le Tribunal administratif a ensuite précisé les principes suivants :

•    le juge administratif est compétent en cas de contestation de la validité de la décision de résiliation du contrat, assortie d’une demande tendant à la reprise des relations contractuelles, ou au versement d’une indemnité en réparation du préjudice subi, sur le fondement de la jurisprudence Beziers II (Conseil d’Etat, 21 mars 2011, n° 304806).  Dans l’hypothèse où la résiliation a été prononcée au motif que les conditions visées à l’article L. 641-11-1 du Code de commerce étaient satisfaites, le juge administratif reste compétent pour connaître du litige. En cas de difficulté sérieuse sur ce point, il peut saisir le juge judiciaire d’une question préjudicielle ;
•    le juge judiciaire est seul compétent pour connaître des contestations portant sur « la mise en œuvre des procédures collectives » (Tribunal des conflits, 13 avril 2015, req. n°C3988). Par suite, lorsque la demande tend uniquement à ce qu’il soit « déclaré » que les conditions visées à l’article L. 641-11-1 du Code de commerce ne sont pas remplies, seul le juge judiciaire est compétent pour connaître de cette demande.

En l’espèce, dès lors que le liquidateur sollicitait l’annulation de la décision de résiliation du contrat en vue de l’indemnisation du titulaire, le Tribunal des conflits en a conclu à la compétence de la juridiction administrative.

Il ressort de cet arrêt que le liquidateur judiciaire est tenu de saisir le juge administratif pour contester la décision de résiliation d’une convention d’occupation du domaine public, prononcée en application de l’article L. 641-11-1 du Code de commerce.


Anne-Margaux Halpern


 

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[4 avr. 2017 ]

Le recours engagé par un sous-traitant agréé devant le Tribunal de commerce contre le seul entrepreneur principal n’interrompt pas le délai de la prescription quadriennale à l’égard du maître d’ouvrage.


Par un arrêt du 10 mars 2017 (req. n°404841), le Conseil d’Etat a jugé que l’action engagée par un sous-traitant devant les juridictions commerciales à l’encontre du seul entrepreneur principal était sans incidence sur le délai de la prescription quadriennale à l’égard du maître d’ouvrage. Ainsi, faute d’avoir mis en cause la personne publique dans le délai de quatre ans, la prescription n’a pu être interrompue, ce qui a privé le sous-traitant du droit de prétendre au paiement direct.

En l’espèce, la société Levaux, titulaire du marché portant sur la reconstruction du collège « Le centre » conclu avec le Département du Val-de-Marne, a sous-traité le lot n°1. Le sous-traitant a été agréé par le département qui a également agréé les conditions de son paiement direct. Compte tenu du refus de l’entrepreneur principal au sens de la Loi du 31 décembre 1975 sur la sous-traitance, de procéder au paiement de son sous-traitant, ce dernier l’a assigné devant le Tribunal de commerce d'Evry par acte d'huissier du 22 octobre 2008. A la suite de plusieurs décisions, l’entrepreneur principal a été condamné à payer, à titre principal, la somme de 425 281,23 euros au sous-traitant. Postérieurement à ces décisions, l’entrepreneur principal a été placé en liquidation judiciaire le 9 juillet 2012, ce qui a contraint le sous-traitant à saisir le juge des référés du Tribunal administratif de Melun.

Par une ordonnance du 29 juillet 2016, le juge des référés a condamné le Département à verser au sous-traitant une provision de 250000,00 euros au titre du paiement direct. Par une ordonnance en date du 19 octobre 2016, le juge des référés de la Cour administrative d’appel de Paris a annulé l'ordonnance du 29 juillet 2016 et rejeté la demande présentée devant le juge des référés du Tribunal administratif de Melun en considérant que l’action était prescrite. La société sous-traitante a donc saisi le Conseil d’Etat d’un pourvoi en cassation contre l’ordonnance du juge d’appel.

Le Conseil d’Etat a rejeté le pourvoi sur le fondement de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics en rappelant que « les dispositions précitées de l'article 2 de la loi du 31 décembre 1968 subordonnent l'interruption du délai de la prescription quadriennale en cas de recours juridictionnel à la mise en cause d'une collectivité publique ». La Haute Assemblée en a donc déduit que la Cour administrative d’appel de Paris n’avait pas commis d’erreur de droit en relevant que l’action engagée par le sous-traitant à l’encontre du seul entrepreneur principal n’était pas de nature à interrompre la prescription quadriennale.

Par cet arrêt, le Conseil d’Etat a rappelé que la mise en cause d’une personne publique est la condition indispensable à l’interruption de la prescription quadriennale. La mise en liquidation judiciaire de l’entrepreneur principal, à l’origine de la saisine des juridictions administratives, a donc été sans incidence sur la prescription.

Anne-Margaux Halpern

 

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[28 mars 2017 ]

La proposition de loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre, définitivement adoptée par l’Assemblée nationale le 21 février dernier, et partiellement censurée par le Conseil constitutionnel, vient d’être publiée au Journal Officiel après deux ans d’âpres discussions entre l’Assemblée nationale et le Sénat.

La loi exige des multinationales françaises de plus de 5 000 salariés dont le siège est situé en France (et 10 000 salariés avec les filiales à l’étranger), de mettre en place un plan de vigilance pour éviter les violations des droits de l’homme et les dommages environnementaux liés à leurs activités, tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

Ce plan comporte les mesures de vigilance raisonnable propres à identifier les risques et à prévenir les atteintes graves envers les droits humains et les libertés fondamentales, la santé et la sécurité des personnes ainsi que l’environnement, résultant des activités de la société, ainsi que des activités des sous-traitants ou fournisseurs avec lesquels est entretenue une relation commerciale établie.

Ce plan prévoit notamment une cartographie des risques destinée à leur identification, leur analyse et leur hiérarchisation, des procédures d’évaluation régulière de la situation des filiales, des sous-traitants ou fournisseurs, des actions adaptées d’atténuation des risques ou de prévention des atteintes graves, un mécanisme d’alerte et de recueil des signalements relatifs à l’existence ou à la réalisation des risques et un dispositif de suivi des mesures mises en œuvre.

Le plan de vigilance et le compte rendu de sa mise en œuvre effective sont rendus publics et inclus dans le rapport RSE.

Un décret en Conseil d’Etat pourra compléter les mesures de vigilance préconisées dans la loi et préciser les modalités d’élaboration et de mise en œuvre du plan.

Jusqu’à la décision du Conseil constitutionnel du 23 mars dernier, à défaut d’un tel plan, la société s’exposait au paiement d’une amende civile allant jusqu’à 10 millions d’euros (30 millions en cas de récidive).

En effet, la loi prévoyait un triple mécanisme pour assurer le respect de ses obligations :

-    une mise en demeure de les respecter ;
-    si la société s’abstient de prendre les mesures nécessaires, le juge, saisi par l’auteur de la mise en demeure, peut ensuite prononcer une injonction ;
-    enfin, le juge pouvait infliger une amende à la société.

Le manquement aux obligations de vigilance peut être de nature à engager la responsabilité de la société. Si tel est le cas, l’amende pouvait être multipliée par trois.

Le Conseil constitutionnel a jugé conformes à la Constitution l'obligation instituée par la loi d'établir un plan de vigilance, le mécanisme de mise en demeure, la possibilité pour le juge de soumettre la société concernée à une injonction et la possibilité d'engager sa responsabilité en cas de manquement à ses obligations.

En revanche, compte tenu de l'imprécision des termes employés par le législateur pour définir les obligations qu'il créait, le Conseil constitutionnel n'a pu admettre la constitutionnalité des dispositions instituant une amende.

Le Conseil constitutionnel a en effet estimé :

-    d'une part, que les termes employés par le législateur, tels que « mesures de vigilance raisonnable » et « actions adaptées d'atténuation des risques » étaient très généraux ;
-    d'autre part, que la mention par la loi des atteintes aux « droits humains » et aux « libertés fondamentales » était large et indéterminée ;
-    enfin que le périmètre des sociétés, entreprises et activités entrant dans le champ de l'infraction était très étendu.

Dans ces conditions, malgré l'incontestable objectif d'intérêt général poursuivi par le législateur, le Conseil constitutionnel, faisant application de sa jurisprudence sur le principe de légalité des délits, a jugé que le législateur avait défini l'obligation qu'il instituait en des termes insuffisamment clairs et précis pour qu'une sanction puisse être infligée en cas de manquement.

Le Conseil constitutionnel a, en conséquence, déclaré contraires à la Constitution les dispositions de la loi prévoyant des amendes.


Blandine BERGER

 

 

 

 

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[21 mars 2017 ]

La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte n° 2015-992 du 17 août 2015 (LTECV) a fait de la performance énergétique un critère du logement décent, notion initialement introduite par la loi SRU du 6 juillet 1989.Le décret n° 2017-312 du 9 mars 2017 définit le critère de « performance énergétique minimale » du logement décent et établit un calendrier de mise en œuvre échelonnée pour sa mise en œuvre.

Le texte modifie l’article 2 du décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 qui fixe les caractéristiques du logement décent. Le décret prévoit deux étapes.

À compter du 1er janvier 2018, le logement loué devra être protégé contre les « infiltrations d’air parasites ». Dès lors, les portes et fenêtres du logement ainsi que les murs et parois de ce logement donnant sur l’extérieur ou des locaux non chauffés doivent présenter une étanchéité à l’air suffisante. Les ouvertures des pièces donnant sur des locaux annexes non chauffés doivent être munies de portes ou de fenêtres. Les cheminées doivent être munies de trappes.

D’autre part, il réécrit l’alinéa relatif au renouvellement d’air dans le logement (en vigueur le 1er juill. 2018). A ce titre, les dispositifs d’ouverture et les éventuels dispositifs de ventilation des logements doivent être en bon état et permettent un renouvellement de l’air et une évacuation de l’humidité adaptés aux besoins d’une occupation normale du logement et au fonctionnement des équipements.

Adrien Fourmon

 

 

 

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[20 mars 2017 ]

Le contentieux portant sur le refus de délivrer un permis de construire un parc photovoltaïque d'une puissance de 12 mégawatts crête en zones naturelles, agricoles ou forestières est l’occasion de s’intéresser sur la manière d’y associer une activité agricole, pastorale ou forestière significative.

D’après l’arrêt du Conseil d'État du 8 février 2017, n°395464, suivant son 3ème considérant, les dispositions de l'article L. 123-1 (avant-dernier alinéa) du Code de l'urbanisme, éclairées par les travaux préparatoires de la loi n° 2010-874 du 27 juillet 2010 dont elles sont issues, ont pour objet de conditionner l'implantation de constructions et installations nécessaires à des équipements collectifs dans des zones naturelles, agricoles ou forestières à :

- la possibilité d'exercer des activités agricoles, pastorales ou forestières sur le terrain où elles doivent être implantées d’une part et

- à l'absence d'atteinte à la sauvegarde des espaces naturels et des paysages, d’autre part.

Ainsi, d’après la haute juridiction, pour vérifier si la première de ces exigences est satisfaite, il appartient à l'administration, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, d'apprécier si le projet permet l'exercice d'une activité agricole, pastorale ou forestière significative sur le terrain d'implantation, au regard des activités qui sont effectivement exercées dans la zone concernée du plan local d'urbanisme ou, le cas échéant, auraient vocation à s'y développer, en tenant compte notamment de la superficie de la parcelle, de l'emprise du projet, de la nature des sols et des usages locaux.

En l’espèce, on précisera que la société Photosol avait demandé au Tribunal administratif d'Orléans d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 10 juin 2012 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a refusé de lui délivrer un permis de construire un parc photovoltaïque d'une puissance de 12 mégawatts crête sur le territoire de la commune de Viabon. Par un jugement n° 1203789 du 31 décembre 2013, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 14NT00587 du 23 octobre 2015, la Cour administrative d'appel de Nantes avait, sur l'appel de la société Photosol, annulé ce jugement et l'arrêté du préfet d'Eure-et-Loir et enjoint à ce préfet de procéder à un nouvel examen de la demande de permis de construire de la société Photosol dans un délai de deux mois.

On retiendra dès lors du 3ème considérant de l’arrêt du Conseil d'État que la Cour administrative d'appel de Nantes commet une erreur de droit en estimant que la plantation d'une jachère mellifère et l'installation de ruches suffisent à assurer le respect de l'article L. 123-1 du code de l'urbanisme sans rechercher si, en l'espèce, compte tenu de la disparition des cultures céréalières précédemment exploitées et des activités ayant vocation à se développer sur les parcelles considérées, le projet permettait le maintien sur le terrain d'implantation d'une activité agricole significative.

 

Adrien FOURMON

 

 

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[2 mars 2017 ]

La question des risques liés aux perturbateurs endocriniens et le niveau de preuve fixé dans la réglementation reflète un enjeu environnemental et un aspect sanitaire fondamentaux.


Dès 1999, l’Europe a adopté une stratégie commune concernant les perturbateurs endocriniens, ayant comme objectifs l’identification des perturbations endocriniennes, de leurs causes et de leurs conséquences.


La Commission européenne continue à creuser son retard dans l’adoption des critères de définition des perturbateurs endocriniens, qui devaient en effet être adoptés en décembre 2013. Précisons que ce retard lui a déjà valu d’être condamnée, en décembre 2015, par la justice européenne (Arrêt du Tribunal de l'Union européenne du 16 décembre 2015, aff. T-521/14, Suède contre Commission).


Or, faute de majorité, la Commission européenne a encore renoncé, et ce pour la troisième fois, à présenter au vote ses « critères d’identification » aux représentants des Etats membres de l’Union européenne, rassemblés mardi 28 février au sein du comité permanent de la chaîne alimentaire et de la sécurité animale.


La proposition de définition des perturbateurs endocriniens de la Commission du 15 juin 2016 est critiquée depuis son annonce, par plusieurs Etats membres dont la France, le Danemark et la Suède, ainsi que de la part de la communauté scientifique, et des ONG. Cependant, cette définition n’a fait que peu évoluer sur le fond depuis.


La ministre française de l'Environnement, Ségolène Royal, a regretté dans un communiqué que "la définition modifiée par la Commission ne soit toujours pas acceptable", l'invitant à "continuer à travailler pour déboucher sur une décision enfin crédible". Elle a notamment reproché à la Commission de ne prendre en compte que les perturbateurs "avérés" et de ne pas "tenir compte de la plausibilité des effets sur la santé de ces substances".

L’Endocrine Society, en particulier, conteste sa capacité à atteindre son objectif : « protéger le public » reprochant, un « niveau de preuve irréaliste ». Aucun classement ni gradation des perturbateurs endocriniens suspectés, présumés ou connus n’est arrêté, ce qui permettrait notamment aux pouvoirs publics d’établir des priorités en termes de mesures, de recherche, mais aussi d’information de la population.


De manière générale, il est reproché à la Commission de ne pas respecter le principe de précaution, dans la  mesure où les définitions proposées ne sont pas assez protectrices, tandis que le coût des effets sanitaires des perturbateurs endocriniens serait estimé entre 150 et 260 milliards d’euros pour la société européenne, soit entre 1,2% et 2 % du PIB européen, selon les conclusions d’une étude publiées le 6 mars 2015.


Reste que, face à l’urgence et au danger, nous sommes sans doute déjà passés, au plan scientifique, sur le principe de prévention, compte tenu des risques connus à ce jour, même si les recherches doivent continuer notamment sur « l’effet cocktail. »


Adrien Fourmon

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[27 févr. 2017 ]

Alors que nous publiions sur ce blog un post datant du 8 février dernier sur la transposition prochaine de la directive 2014/95/UE du Parlement européen et du Conseil du 22 octobre 2014 modifiant la directive 2013/34/UE en ce qui concerne la publication d’informations non financières, amorcée par l’article 216 de la loi 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et à la citoyenneté, la Direction Générale du Trésor lance une consultation jusqu’au 1er mars sur son site Internet visant à recueillir l’avis des différentes parties prenantes sur les projets de textes qui seront pris afin de transposer la directive. Ce projet vient notamment modifier le Code de commerce (partie législative et réglementaire).

Il était temps ! Les États membres avaient jusqu’au 6 décembre 2016 pour transposer le texte. L’obligation de reporting devrait normalement s’appliquer aux entreprises concernées à compter de l’exercice débutant le 1er janvier 2017.

Durant l’été 2016, une consultation, d’ores et déjà organisée par la DG Trésor, avait permis de recueillir l’avis de toutes les parties intéressées (entreprises, ONG, investisseurs, organisations représentatives, cabinets de conseil et d’audit) sur les orientations envisageables.

 

(Projet d’ordonnance n° __ du __ portant transposition de la directive 2014/95/UE modifiant la directive 2013/34/UE en ce qui concerne la publication d'informations non financières et d'informations relatives à la diversité par certaines grandes entreprises et certains groupes)

 

(Projet de décret n° __ du __ pris pour application de l’ordonnance n° __ du __ portant transposition de la directive 2014/95/UE modifiant la directive 2013/34/UE en ce qui concerne la publication d'informations non financières et d'informations relatives à la diversité par certaines grandes entreprises et certains groupes)

Blandine BERGER